Pierre Souquet-Basiege : fougueux et ambitieux, le patineur en quête d’un rêve

Pierre Souquet-Basiege : fougueux et ambitieux, le patineur en quête d’un rêve

Par Sarah Barreiros Rédigé le 27/01/2020 (dernière modification le 28/01/2020)

Rencontre avec Pierre Souquet-Basiege 25 ans, patineur en équipe de France dans la discipline danse sur glace. Son parcours, ses objectifs et sa vision du patinage alors qu’il vise le plus haut, les jeux Olympiques. Interview.

Pierre Souquet après un entrainement. (c) Pierre Souquet

Pour beaucoup, le patinage comme on peut le voir à la télévision, ou plus récemment sur Youtube, semble facile, élégant et plein de magie. Mais lorsque l’on est sportif de haut niveau, bien évidemment il en est tout autre chose. Comme beaucoup de sport, s’engager dans une carrière de patineur dans le but de faire des compétitions internationales tels que les grands prix ISU, les championnats d’Europe, du Monde ou les jeux Olympiques cela demande un plan et des sacrifices à long terme. Des entrainements à 5h du matin jusqu’à parfois 20h, de l’argent, pour les frais de déplacement, les patins, les lames, les costumes, les appartements et logements même puisque, les plus grands centre d’entrainements de patinage se trouve soit aux Etats-Unis, au Canada ou en Russie. Il faut aussi ne pas omettre la dimension psychologique, physique, savoir surmonter les échecs, penser progression avant de penser victoire car souvent, peu de personnes, de l’entourage même croient et soutiennent les rêves auxquels le sportif patineur aspire, le haut niveau. Et pourquoi ? Pour du patinage ? Quel est l’intérêt ? Car au delà de l’aspect sportif, la notion d’accomplissement de soi, de bonheur et de plaisir est l’essence de la vie et la raison d’être des objectifs sportifs. Mais pour cela, il faut “se donner les moyens de ses ambitions”, comme nous l’explique brillamment aujourd’hui Pierre Souquet-Basiege, patineur en équipe de France depuis plusieurs année et figurants parmi les meilleurs de sa génération. 

Pierre Souquet et sa partenaire Juliat Wagret. (c) Pierre Souquet.

• Pierre, peux-tu nous résumer ton parcours et nous expliquer ce qui t’a donné l’envie de faire de la danse sur glace toi qui était patineur individuel ?
J’ai commencé le patinage à 5ans au club des Français volants de Paris (Bercy). Champion de France avenir à 10 ans, j’ai ensuite enchainé les blessures entre mes 12 et 15 ans. Ce qui m’a obligé à passer beaucoup de temps sans sauter et donc travailler le reste, et surtout la glisse, les pas, etc. Forcément j’ai pris beaucoup de retard et ce retard me semblait impossible à rattraper. Et en même temps plus le temps passait et plus cette sensation de glisse de carres et de patinage me plaisait et me donnait envie de passer en danse sur glace.

Juillet 2011, c’est parti, direction Lyon ! J’ai eu la chance de démarrer tout de suite en couple. Mon objectif à ce moment là était de participer à un JGP. On a été 1er remplaçant au WJC en 2012 et 3ème au championnat de France junior la même année puis sélectionné pour les JGP. L’ironie du sort veut que 10 jours avant j’ai subit une blessure (fracture tibia péroné ligaments et cartilage). Je n’ai finalement jamais participé à un grand prix junior mais j’ai participé par la suite à de bien plus belles compétitions avec ma 2ème partenaire Lorenza Alessandrini. Nous avons patiné 4 saisons ensemble, durant lesquelles nous avons participé à deux grands prix de France, un championnat d’Europe et un championnat du Monde, avec un titre de vice-champion de France.

Je démarre une nouvelle aventure avec Julia Wagret en avril 2018. On a participé aux Universiades en mars 2019 où l’on finit 6ème. On décide de partir s’entrainer aux États-Unis en juin 2019, et on a participé à notre premier grand prix ensemble cette saison.

• Qu’aimes-tu dans le fait de travailler avec une partenaire ?
Quand j’étais individuel j’aimais l’idée de réussir seul, avec ses propres moyens et mon propre travail. Il m’a fallu un peu de temps mais c’est avec Lorenza que je me suis découvert à aimé ce partage !
Finalement j’aime le fait d’avoir un objectif commun pour lequel on forme une équipe, soudée et prête à tout donner, pour soi pour l’autre et pour notre unité qui est finalement notre couple. Je prends plus de plaisirs à l’entrainement en étant avec ma partenaire que seul, j’ai moins cette sensation de routine, j’arrive à aller plus loin dans mes efforts et puis on partage plus que du patinage. On partage notre quotidien et notre vie, les succès les défaites les doutes et les projets et c’est tout ce partage qui rend l’aventure encore plus belle !

• Pense-tu que le stress en compétition est allégé et comment vous soutenez vous au quotidien avec Julia que ce soit aux entrainements et en compétition ?
Je ne sais pas. Quand j’ai commencé la danse c’est l’impression que j’ai eue. Puis les choses sont devenus plus sérieuses et le stress je l’ai eu. Mais c’est un stress différent, avec le recul je me dis qu’en artistique c’était un stress plus désagréable parce que je n’étais pas confiant sur ce que j’allais être capable de faire, je présentais des éléments que je ne maitrisais pas, et du coup il y avait vraiment ce sentiment d’incertitude. En danse, j’ai du stress parce qu’il y a l’envie de faire de son mieux, et il y a des enjeux que je n’ai pas connu en artistique mais sauf exception quand tu arrives en compétition tu sais que tu prêt que tu maitrise ton sujet et que tu t’es bien préparé. Ensuite en découvrant les grands championnats j’ai découvert d’autres sensations, celles d’être très très stressé avant, et puis tu passes le rideau c’est une compétition prestigieuse, tu fais face à une magnifique arène avec plusieurs milliers de personnes et là c’est presque l’euphorie il n’y a plus de stress, et je comprends vraiment ce que s’est que du prendre plaisir dans son programme !

• Quel et votre force en tant qu’équipe et quelles qualités sont pour toi les plus importantes chez Julia ?

C’est notre connexion. On s’est connecté très rapidement, si ce n’est instantanément. Dans le patinage on s’est compris tout de suite. On est grand, on a des grandes lignes, et on arrive à bien travailler ensemble, ce qui nous donne des facilités sur les éléments, pirouettes et notamment les portés.
Julia a une grosse base de danse contrairement à moi ! 8 ans de danse (au centre chorégraphie des ballets du Nord puis au conservatoire de Grenoble ou elle s’est arrêtée au cycle 2, 5ème année. Classique, contemporain et aussi un peu de caractère et jazz). Elle est très souple mais aussi athlétique et en plus de ça elle me donne toute sa confiance, ce qui facilite mon travail de partenaire et nous permet de tout essayer en élément, c’est super agréable.
Et puis Julia c’est quelqu’un de très pragmatique, on a nos objectifs et elle ne se torture pas trop l’esprit elle y va, elle ne se laisse pas envahir et ralentir par ce qui parasite inutilement où si ce n’est pas le moment.

• Comment décrirais-tu ta propre manière d’aborder le fait d’être un sportif de haut niveau ? (Ta vision du travail, de minet, de mental, motivation etc…)

Je suis vraiment partisan du “se donner les moyens de ses ambitions”. Et par “moyens” j’y entend pleins de choses différentes comme le travail forcément mais aussi l’hygiène de vie, et puis faire des choix, prendre des décisions qui sont cohérentes avec ses ambitions etc. Il y a quand même un autre facteur qui n’est pas seulement une question d’envie, qui est celui de l’argent malheureusement. C’est un sport qui coûte cher et encore plus lorsqu’on s’entraine outre-Atlantique, mais c’est le choix qu’on a pris. Je suis aussi partisan du zéro regret. Je pense qu’il faut tenter quitte à se tromper plutôt que d’avoir le “et si j’avais fait ça” dans la tête. Si ta tête et ton instinct te disent de faire un truc et que t’y a réfléchis tu comprends les enjeux et les risques et que cette envie ne te quitte pas alors je pense qu’il faut y aller et tenter ! Au pire quoi ? Ça reste du patinage et du plaisirs. Cette envie de rien regretter va aussi avec le fait d’aller au bout de cette aventure. J’ai envie de voir jusqu’où je peux aller et j’ai envie de prendre tout ce que cette aventure a à m’offrir. Du coup tant qu’il y a ses envies, le plaisir et que c’est possible, je veux continuer et aller au bout. Si on sort de sa bulle patinage juste 2 secondes on se rend vite compte que c’est une vie incroyable et pleine de privilèges alors je pense qu’il faut prendre plaisir et cultiver cette chance.

• Tu as récemment décidé de partir t’entrainer en Floride aux Etats-Unis, pourquoi ce centre d’entrainement précisément ?

A vrai dire avec Julia on savait où on ne voulait plus être sans savoir ou on voulait être ! C’était une situation particulière et compliqué puisqu’elle nous a fait perdre beaucoup de temps et d’énergie que l’on n’a pas pu dépenser ailleurs et la préparation de la saison 2019/20 a été très difficile ! La seule certitude qu’on avait à ce moment-là c’est qu’on voulait garder contact avec Massimo que l’on a connu à nos débuts avec Julia. On était souvent en contact pour parler musiques, chorégraphie et planning. Du coup on lui a expliqué notre situation et il nous a aidé à y voir plus clair dans nos solutions. On avait donc 3 ou 4 solutions à creuser et à ce moment-là lui était en Floride pour monter des programmes. Il a donc parler de nous à Marina et Alper, qui du coup étaient prêts à nous accueillir dans de bonnes conditions et à faire le maximum pour nous. En même temps ils nous avaient aussi confirmer que nos autres pistes étaient bonnes et qu’après cela dépendait de notre choix et de ce qui était possible pour nous. Du coup on a choisi la Floride. Marina à une grosse expérience du haut niveau avec un palmarès incroyable, on a senti le soutien et l’engagement de Marina et Alper et ils nous avaient expliqué les conditions sur place très favorables. Il y a plusieurs pistes, de large amplitude horaire, une équipe de plusieurs coaches avec des intervenants comme Massimo et Oleg. Il y a suffisamment de couples sur place pour ne pas se sentir seul comme ça a pu l’être pendant notre première saison et en même temps ce n’est pas surchargé ce qui nous permet d’avoir toute l’attention de nos entraineurs. Le mélange de toute ça semblait bon !

• Quels sont les bénéfices que tu as pu ressentir face à ce changement des premiers jours jusqu’à aujourd’hui ? Combien de temps a-t-l fallu pour t’adapter ?

L’adaptation a été rapide, après deux semaines on se sentait déjà presque comme à la maison et maintenant on parle de là-bas comme “chez nous”. On est arrivé fin mai et au bout de 3 jours on avait déjà le plan de la saison, avec la liste des compétitions qu’on allait faire et les axes de travail avec les objectifs. On avait un plan à court, moyen et long terme. On savait déjà qu’avec une transition qui avait été compliquée (et on allait encore perdre du temps à s’installer sur place), cette saison serait comme une mise en place et une prise de repère, mais que dès l’été, en parallèle de travailler pour cette saison on commencerait à préparer la saison d’après. Et c’est ce qu’on a fait ! Finalement on a passé presque autant de temps sur les programmes de cette année qu’à penser et préparer la saison d’après.

• Peux-tu nous décrire une journée d’entrainement type, y a-t-il des changements par rapport aux rythmes que tu avais en France ?

On démarre entre 8h et 9h30, ça va dépendre de l’heure de notre première leçon. Sauf exception quand on met en place une situation de compétition (5 mn d’échauffement programme en entier), on réserve au moins nos 45 premières minutes pour faire des exercices, seul puis à deux. Ensuite on se met sur les programmes, avec un gros travail en partie ou en entier ou les deux, ou bien on continue sur des exercices. On a 2 fois 30mn de leçon par jour, et c’est vrai qu’au début on ne s’attendait pas à un rythme aussi soutenu ! C’est 30 mn intense où on enchaine et souvent le rythme cardiaque n’a pas le temps de redescendre avant la fin. En dehors des leçons on est à la fois très libre et très cadré, on a des consignes et on sait ce qu’on a à faire mais libre à nous de le faire quand on veut dans notre journée ! Pour optimiser nos temps de leçon ça arrive souvent que lorsque l’on doit faire plusieurs programmes dans la journée on le fasse tout seul pour ne pas dépenser notre temps de leçons juste à faire des programmes en entier. On a aussi un système de semaines difficiles et faciles que Marina met en place. Elle adapte aussi la charge lorsque l’on enchaine les compétitions et les allers-retours. Moi qui ai toujours eu des difficultés physiques sur les programmes en entier je sens une vraie différence, cette année a été moins difficile que d’habitude. La route est encore longue mais c’est en bonne voie et les bénéfices se font sentir de plus en plus avec le temps.

• Parlons de cette saison, vous avez fait d’excellents résultats et obtenu de nouveau records personnels, quels sont vos objectifs sur du court et long terme ?

Oui ! Malgré que cette saison n’était pas la priorité absolue, elle a été très satisfaisante et surtout très prometteuse pour la suite. Le travail qu’on a fait à payer et on a hâte de l’appliquer sur une base plus solide et mieux préparée en amont. Nos objectifs court terme cette saison c’était le grand prix de France, podium aux élites et le championnat d’Europe. Après les Masters où toutes les conditions pour contre performer étaient réunies on a gardé confiance et on savait que ça ne reflétait pas notre niveau et notre état de forme. Direction Minsk où on a su le prouver avec des bases de points largement battues, ce qui a validé notre sélection pour Grenoble. Le grand prix c’est plutôt bien passé. Malgré quelques points lâchés sur la route bêtement on a confirmé ce qu’on venait de faire à Minsk. Puis la Bosphorus Cup où on améliore encore nos scores et on termine à moins d’un point du couple qui nous a battu de 20 points il y a moins d’un an. C’était donc satisfaisant et encourageant ! Grenoble c’était fait ! Restait la suite de nos objectifs. On a obtenu plusieurs fois le 3ème meilleur score chez les Français ce qui laissait envisager la réussite de nos autres objectifs. Malheureusement les élites c’est une autre histoire et c’est un point totalement isolé dans notre courbe de progression. On a fait le tri on prend ce qui va nous aider à avancer et on a laissé le reste derrière. Malgré cette déception et ce goût un peu d’inachevé qui aurait rendu la saison parfaite on est content de notre saison et de ce qu’on a su faire, surtout en voyant d’où on a démarré en juin. Cette saison nous motive pour la suite ! Nos objectifs à long terme restent les mêmes que lorsqu’on a démarré cette aventure ensemble, c’est-à-dire les JO 2022 et 2026 !

• Comment pouvez-vous décrire votre style et quelle direction en terme artistique souhaitez-vous prendre avec Julia ?

Notre premier libre ensemble reflète assez bien le style qui pourrait être le nôtre. Quelque chose de plutôt romantique, c’est ce qui colle le plus à notre physique, nos lignes et c’est ce qui nous vient le plus naturellement dans le patinage. Cela reste une question difficile, je pense qu’on est en pleine évolution et qu’on est en train de découvrir de nouvelles facettes de nos personnalités et de ce qu’on aime faire. Du coup je dirai que pour le moment on n’a pas encore trouvé et bien défini “notre style”. C’est d’ailleurs un vrai axe de travail pour nous, c’est assez intéressant et excitant et ça nous donne pleins de perspective et de marge ! Pour la saison qui arrive on a déjà des idées depuis cet été et on veut se diriger vers quelque chose avec plus de caractère plus d’identification et plus “Entertainment”. C’est un défi parce qu’on ne l’a jamais fait et ce n’est pas ce à quoi on nous associe. C’est un challenge excitant et c’est qu’on a envie de faire.

• Qu’aimes-tu le plus dans le simple fait d’être sur glace ?

La sensation de glisse ! C’est quand même quelque chose de kiffant cette sensation de glisse, de vitesse, de liberté, cette impression de 3D. Tout ça associé c’est un sentiment qu’on ne ressent pas ailleurs. Et puis quand on a la chance de trouver quelque chose qui nous procure autant d’émotion on à l’esprit qui s’évade quelques instants.

Anastasia Mishina and Alexander Galliamov : The russian pair team that take the lead

Anastasia Mishina and Alexander Galliamov : The russian pair team that take the lead

Par Sarah Barreiros Rédigé le 15/12/2019 (dernière modification le 14/12/2019)

She is 19, he is 20. They skate together in competition since 4 years and they already have a big career ahead. In fact, this young russian pair team won everything last year, from all the junior grand prix they did to the grand prix final and the world junior championships. This year they make their big entrance in the senior level with incredible result. They won ISU GP Internationaux de France 2019 in Grenoble and won the bronze medal at the NHK and at the grand prix finale. We take the opportunity today, to meet the pair junior world champion Anastasia Mishina, who gonna tell us all about their season, their projects and their evolution goals for this year. Interview.

– Anastasia last year you won the JGP Final, the Junior World, this year in senior you made an incredible entrance in senior, you’ve been in the podium at each grand prix and you arrived third at the grand prix final, which is the hardest competition in the world that featured the best skater in the world, how do you feel about it and do you realize how incredible it is to have those results first year senior?

I don’t think, that we need to realize this. We do our work and we try to skate better on every competition. We never thought about results. Our main task is always improve, to do better than last time. Of course we were really happy to be on the podium. Now we have even more motivation to work hard. We understood, that for us it’s possible to be in the top of pairs in the world.

– Your career is already amazing, what are your goal toward the Olympics concerning your progression? Which area do you want to improve?

First one is skating. It suppose to be smoother. Also we want to do our programs more interesting. We need to work more with choreography and emotions. In Russia we have really high concentration in pairs now. So, it’s not enough to do only clean elements.

– You have huge and amazing twist and throws, do you consider of working on quadruple and maybe triple axel throw?

We thought about quad jump through. We didn’t try it on ice, but maybe in the future we’ll do it. 

– Can you describe your basic day of practice, what kind of mood do you have during practice with your partner?

Usually in the middle of the season we have hard trainings. So sometimes we even don’t speak to much. We are both really focused on elements and programs and only after main part of the practice we can be more relaxed.

– What is your mind set during each competition and just before starting your program? Do you communicate a lot during those competition day with your partner or you have together different way of focusing?

We communicate like usual before and after practice, but just before competitions we let each other to focus how he want. I guess, that almost everybody do the same.

– What do you like the most about your partner and what does he like the most about you, on ice and off ice?

I like that I can trust my partner. It’s really important in pairs. When I we do lifts, I don’t need to worry. Sasha likes my character. We never go out from ice if we didn’t do element clean.

– What is you biggest quality as a team and how do you keep your relationship going so well?

We both understand that we can do nothing without each other. And also we understand that it’s hard to work, when you’re grumpy. We try to save calm atmosphere.

– How do you support each other during competition?

We’re both strong people. So, we didn’t have  situations, that one of us worried to much. If something is going not good, it’s enough to say some words of support and repeat this element.

– Who are your favourite pair skater of all time and why?

My favorite pair skater is Irina Rodnina. She won 3 times on Olympic Games( with different parents). And she even found time to give birth to child between two Olympics. 

– What do you thing of the evolution of figure skating in pair and in general?

Figure skating is going forward really fast. 4 years ago nobody could imagine little girl with quads. I can’t imagine what they will do in next 4 years. Pair will start to do quads too, I think . Maybe not jump, but who knows.

– What do you love the most about being on the ice and about doing pair skating.

I always liked to skate. My parents never forced me to do this.I like speed and extreme, and also I like to “dance on ice”. Pair skating has everything.

Ted Barton: The journalist with the words made of gold

Ted Barton: The journalist with the words made of gold

Par Sarah Barreiros Rédigé le 09/11/2019 (dernière modification le 29/10/2019)

If you annually follow the junior grand prix season, you might notice every year the voice of the same man. Kind, respectful and positive who always see the brightside in each performance no matter the issue. In fact, we are going to meet today the New-Zealand born, Canadian raised Ted Barton, executive director of the British Columbia / Yukon section of skate Canada, and the ISU broadcaster of all the JGP series and the JGP final. He is going to tell us all about his vision and the evolution of figure skating for the near future. Interview.

Ted Barton, Broadcaster of the ISU. (c) Ted Barton.

– Mr. Barton, What do you like the most about your work and could you describe to us your typical journalistic day during a competition? 

I like the vision and the mission we have to raise the skating community, the skaters and the coaches with the ISU and the broadcast team. We are looking for transparence and honesty. On a typical day, I make sure I have all the information of the skaters and coaches with me, the country the skater represents etc.… I also watch the practice in order to see the reality of what’s happen during a competition, the emotions, happiness or sadness, how the skater can move forward. 

– How could you describe the evolution of the popularity of figure skating since your success to bring the live ISU watch in 2014? 

We can see that the evolution is for the exposure. Country like Brazil for example don’t have ice skating. The broadcast is accessible, positive, there is no negativity, no drama. I make sure to never give my personal opinion, no backlashing. People love more and more watching figure skating particularly on our broadcast because it is positive. That is why I am not offensive and it is important to stay supportive. During the years, our Channel has a significant grow and there is a total between 10 and 15 million views. It is easy to access, professional, we have 4 cameras and it is nice to ear. 

– You are well known by your incredible capacity to have in every situation, constructive comments and to see the positive side, how do you succeed to have a step back and such a balance in each performance without engage your personal feeling? 

I have been a skater myself. So, I understand what goes in the mind of young skater. They give the best with what they have. They all don’t have the same training conditions, the same facilities or time on the ice. I just want to be honest and careful of the words I choose and to be compassionate. I remember when I was a skater, some broadcasters were mean, rude and offensive on TV. What I the point? This hurt and I know it is not constructive. 

– What could you say about the comportment a young skater on ice nowadays particularly after performances? Do you think the skater should maintain a marketing image? 

It is not about marketing. It is about being respectful for the audience that come to watch the skater, the judges, the ISU. You can be who you want outside the ice, outside the competition but not in front of everybody. If an ice dance team or a pair team is not pleased with their performance, one of the skaters shouldn’t leave the ice without the other or behave with angriness against the partner. They are a team in front of the world so it is all about respect. 

– What do you think of the technical developments of the junior, particularly of the young girl doing more often triple Axel and Quadruple? Can we actually see those skaters having a long-term career? 

I believe that the technic is so good that it is not an abuse for the body, on the contrary of most of the people are thinking. I did watch the practice and the competition so I know the reality of it. The falls (if there is) are not extreme, or damaging or scary. I do believe in long career nowadays more than before. I admit it, I have some concerns about those young skaters and I watch carefully. But they are efficient with their bodies because the mechanic is not a problem. 

– We can see today that social media was a big step forward to develop the popularity of figure skating and to promote the ISU competitions around the world, what does the sport miss to be even more popular? 

I think we are missing exposure for sure. How can you fall in love with something you can’t see? In my country, in Canada, figure skating is famous and followed by the people because of the publicity and everything that promote the sport. With the ISU channel we provide a good reporting with for example an access on amazon. In Egypt and Brazil, they can now watch figure skating in live, and that never happen before. We have a big audience in those countries, they love it! 

– Do you have any new idea or plan for the ISU YouTube Chanel in short and long term? 

There is a discussion with the ISU with how we can expand the TV rights. We will see more things online in the next couple years but the biggest problem to develop all of that, it is the money. We are a crew of 6 guys and we do our best but it is a day by day process. I am pleased about the help of the ISU, it is a great partnership. We have the same vision. 

– What do you think of the seniors this season? 

I have a big faith concerning the junior that now integrate the senior level. For example, the Russian girls like Aliona Kostornaya, Anna Chtcherbakova, Alexandra Trusova, it is going to be fun to watch, incredible. It is going to be a lot of suspense!

Un champion de patinage s’est envolé

Un champion de patinage s’est envolé

Par Sarah Barreiros Rédigé le 30/07/2018 (dernière modification le 29/07/2018)

Médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Sotchi en 2014, le patineur artistique Kazakh Denis Ten, s’est éteint le 19 juillet 2018 à Almaty après avoir été poignardé pour le vol de sa voiture.

Denis Ten. Photo (c) Deerstop

La nouvelle a choqué son pays, le Kazakstan, mais aussi toute la communauté du patinage dans le monde. Le patineur olympique de 25 ans a été poignardé mortellement alors qu’il finissait de déjeuner avec un ami dans le centre ville de la capitale économique du Kazakhstan, à 9h du matin. Ce dernier “a surpris deux personnes non identifiées qui tentaient de voler des rétroviseurs de son automobile” a indiqué le parquet. “A la suite de la bagarre (avec eux), Denis a été poignardé”, a-t-il précisé, ajoutant que Denis Ten est décédé à l’hôpital des suites de ses blessures à la cuisse, où il a perdu environ 3 litres de sang. Le Conseil olympique d’Asie (COA) ainsi que la Fédération internationale de patinage (ISU) a exprimé le lendemain leur sentiments sur le “choc et l’immense tristesse de cette perte: Le monde du patinage pleure la disparition de Denis Ten du Kazakhstan, un de leurs athlètes les plus chers, qui a été poignardé dans un acte de violence brutal et insensé le 19 juillet”

Denis Ten a non seulement écrit l’histoire du sport en devenant le premier patineur kazakh à remporter une médaille olympique, la bronze en 2014 et des médailles aux Championnats du monde de patinage artistique de l’ISU, mais il a placé le Kazakhstan sur la carte du patinage artistique. Plus que cela, Denis a inspiré de nombreux autres patineurs du monde entier. Il était un jeune homme brillant, non seulement un patineur à succès, mais aussi un musicien et auteur-compositeur talentueux, photographe et écrivain, un étudiant intelligent plein de centres d’intérêts. Il a poursuivi de nombreux projets et a organisé son propre spectacle de patinage “Denis Ten and Friends”. La dernière édition vient d’avoir lieu il y a quelques semaines. Denis a participé à deux projets de films et a fait partie de l’équipe qui a présenté une candidature pour les Jeux olympiques d’hiver de 2022 dans sa ville natale, Almaty (les Jeux ont finalement été attribués à Beijing). Il était un excellent patineur et “performer” et il a quitté la glace dans le monde des médias, de la société et de la politique sportive. Il a donné des interviews réfléchies et était toujours prêt à faire une blague et à partager son sourire généreux. En même temps, “il était une personne volontaire et il n’a jamais abandonné“, a publié l’ISU sur son site internet. 

Denis, plus qu’un athlète

Comme beaucoup de ses amis et proches, patineurs de haut niveau, champions du monde et olympique, Denis, était plus qu’un athlète, c’était un artiste. Un passionnée de son sport, un génie technique dans sa discipline, le patinage homme individuel. C’était également un travailleur acharné, généreux et unique, qui savait transmettre aux juges et au public des émotions hors du commun qui se complétaient avec un touché de glace (c’est-à-dire une maitrise du mouvement sur glace) exceptionnelle. Il a commencé à patiner sur une patinoire en plein air à Almaty en hiver et il a ensuite pratiqué sur une patinoire intérieure dans un centre commercial. En 2003, il s’est rendu à Omsk, dans le sud-ouest de la Sibérie, en Russie, pour une compétition de patinage qu’il a remportée. Le juge en chef, Alexander Kogan, l’a invité à une autre compétition à Odintsovo, dans la région de Moscou, Denis rencontra l’entraîneur Elena Buianova (Vodorezova) et commença à s’entraîner avec elle au CSKA Moscou. Il participa à des compétitions internationales au cours de la saison 2006-2007, à l’âge de 13 ans. C’était la première année où il était admissible à la compétition de niveau junior de l’ISU. Le 5 octobre 2006, il a fait ses débuts sur le circuit de Grand prix junior (JGP) qui regroupe les plus grosse compétitions internationale de patinage et permet des qualifications aux championnats d’Europe et du monde par les fédérations. Au fur et à mesure de sa carrière, il s’entrainera en Russie, puis aux États-Unis, en Floride pour perfectionner son talent. Il se révèle aux yeux du monde à l’âge de 15 ans, le 26 mars 2009 à Los Angeles pendant les championnats du monde. en Californie. Le jeune patineur a stupéfié la foule, la presse et les juges avec une performance magique qui l’a catapulté du 17e après le programme court, à la huitième place au classement général après le programme libre. C’était de loin le meilleur classement jamais obtenu par un patineur du Kazakhstan aux championnats du monde. Cependant, établir ce genre de record n’était pas nouveau pour Ten, qui était déjà devenu le premier patineur du Kazakhstan à remporter un Junior grand prix (à l’automne 2008). Ten a ce jour là, déplacé dix milliers de spectateurs au Staples Center et à la télévision avec son magnifique programme libre “Rachmaninov” qui présentait des sauts parfaits, un jeu de jambes rapide, des tours élégants et une expression au-delà de son âge. À la fin, il tomba à genoux et embrassa la glace pendant que la foule se levait pour lui faire une ovation debout. 

Plus tard, la consécration se fera avec, une médaille d’argent aux championnats du monde de 2013, une médaille de bronze aux Jeux olympiques de Sotchi, puis une autre médaille de bronze aux championnats du monde de 2015. Lors d’une de ses dernières interviews, il déclarait: “L’athlète est un personnage qui vit sur un script, qu’il choisit lui-même. Quand j’ai commencé à faire du sport, ma première motivation était le désir de développement personnel. Quand j’ai commencé à avoir des dispositions techniques mes pensées se sont tournées sur les résultats. (…) C’est juste arrivé que je sois le premier patineur du Kazakhstan à remporter une médaille aux championnats du monde et aux Jeux olympiques. C’est le mérite de mes parents et d’une équipe fantastique d’entraîneurs qui ont travaillé avec moi, mais en même temps c’est une série d’événements uniques qui ont fait de moi ce que je suis. Difficile de dire que c’était ma mission, que j’avais tout prévu pour relancer le patinage artistique au Kazakhstan. Je n’ai pas eu un tel but. Mais une fois qu’il s’est avéré, j’ai pris cette responsabilité, c’est devenu ma motivation pour continuer ma carrière”

Hommages et faits 

Ainsi, Denis Ten est rentré dans l’histoire de son pays comme le premier athlète en patinage à remporter une médaille olympique et à monter sur des podiums internationaux. Il était surnommé “le petit prince du Kazakhstan”. “C’est difficile de comprendre et d’accepter ces nouvelles vraiment terribles sur la mort de Denis Ten”, a déclaré le président du COA Cheikh Ahmad Al Fahad Al Sabah dans un communiqué. Sa mort est en effet abondamment commentée sur les réseaux sociaux tels que Instagram, Twitter et Facebook. La vice-championne olympique de patinage, la prodige Russe Evgenia Medvedeva a par exemple déclaré sur son compte Instagram: “Denis me paraissait être le plus drôle, et le plus non conventionnel et l’une des personne les plus créatifs du monde du patinage artistique. C’est impossible à croire, je ne veux pas et je ne pourrai pas y croire. Je suis désolée pour tous les proches de Denis. N’oubliez jamais son sourire”. De même pour le champion olympique de Vancouver 2010, le patineur américain Evan Lysacek: “Je suis rempli d’horreur et de tristesse d’apprendre le meurtre insensé de mon ami incroyablement talentueux et partenaire d’entrainement. Denis était une âme rare et spéciale; l’un des jeunes hommes les plus bienveillants que j’ai jamais connus; un trésor pour le monde du patinage et pour son pays du Kazakhstan, où il a fait d’énormes progrès dans la promotion du sport, du patinage et de la positivité. Il était idolâtré par tant et aimé de tous ceux qui le connaissaient. Mes pensées et mes prières accompagnent sa famille, qui a vécu toutes les étapes de sa carrière de patineur avec lui. Je ne peux pas m’empêcher de voir sa mère assise dans les gradins de la patinoire jour après jour, observant avec une telle fierté dans les yeux, que son fils pratiquait ce qu’il aimait. Mon cœur pèse si lourd pour elle et pour tous ceux qui ont eu la chance de connaître Denis. Une vie d’excellence coupée à court. Repose en paix, mon cher ami”

Pendant les funérailles du patineur au palaIs des sports de sa ville natale, des milliers de femmes se sont réunies pour lui rendre un dernier hommage. Certains ont ramené des fleurs, tandis que d’autres, ont brandi des pancartes marqués d’un “Pardonne-nous, nous n’avons pas pu te sauver”. La dernière chanson que Denis avait écrit et composé avant sa mort, intitulé “Elle ne sera pas mienne”, accompagnait la cérémonie.

Interview: La mode végane en été

Interview: La mode végane en été

Par Sarah Barreiros Rédigé le 10/05/2018 (dernière modification le 09/05/2018)

Avec plus de 5% des Français identifiés comme végans et plus de 60 millions de postes #vegan sur Instagram, le véganisme devient de plus en plus populaire en France. Aperçu sur un style de vie, qui bouscule les codes et les idées préconçues.

Photo (c) Sarah Barreiros

Manger cru permet de combattre les chaleurs d’été. Adopter un repas composé d’une gigantesque salade colorée et de légumes croquants, rien de tel pour se sentir léger et revitaliser! En vogue depuis maintenant plusieurs années, le véganisme devient bien plus qu’une mode. De nombreuses célébrités s’affichent fièrement sur les réseaux sociaux pour défendre leur régime alimentaire et la cause animale. Restaurants, magasins bio… En France, de plus en plus de commerces proposent des produits végans. Aujourd’hui, il n’est plus si surprenant de pouvoir manger une pizza, une glace ou un macaron 100% végan. 

Est-ce la fin des idées préconçues? Le véganisme consiste à bannir de son alimentation tout produit d’origine animale, la viande, le poisson, les crustacés, mais aussi ceux liés à l’exploitation des animaux, comme le lait, les œufs ou le miel. 5% des Français adopteraient ce régime alimentaire, selon un sondage mené en 2017 par l’institut d’études marketing et de sondages d’opinion Harris Interactive. Au-delà de l’aspect “régime”, de nombreux Français ont été sensibilisés par ce mode de vie, de par la diffusion de nombreux reportage télévisés, et des documentaires qui ont révélés la souffrance des animaux dans les élevages et les abattoirs, ainsi que la vérité sur les produits industrialisés et transformés. La quantité de céréales nécessaires à la production de viande par exemple est un facteur important de la déforestation, qui conduit à la perte de l’habitat et de l’extinction des espèces. 

Les nutriments nécessaires dans les légumes 

Bénéficiant d’une alimentation à base de végétaux, les végans sont enclins à avoir une alimentation à base de fruits et légumes. La quantité d’aliments disponibles dans les supermarchés montre que ce mode de vie séduit de plus en plus les Français, incitant les grandes enseignes à suivre le pas. Mais de quoi sont exactement composés les légumes et peuvent-il remplacer la viande? Ces derniers sont riches en antioxydants qui aident à protéger votre corps contre les maladies, et son composés d’une gamme d’éléments nutritifs, tels que le bêta-carotène (que votre corps transforme en vitamine A) qui se trouve dans les légumes verts, jaune et rouge; la vitamine B1, qui provient des fruits frais, fruits secs, et pois; la vitamine B6 des légumes, des fèves de soja, des pommes de terre, des arachides, des épinards et des asperges; la vitamine C dans les agrumes, les fraises, le cassis, le brocoli, ou le poivron; les vitamines E et K dans les graines, les légumes verts, l’huile végétale, le calcium dans les céréales (sauf les épinards), les fèves de soja, le tofu, les haricots, les noix, et les grains entiers; le potassium dans les bananes, et les noix; la vitamine B12 et D dans les aliments enrichis, comme les céréales et le lait végan (lait de soja, lait d’avoine). Puis il y a les fibres insolubles, qui se trouvent dans le son, et les grains entiers, qui aident au système digestif à fonctionner plus facilement. 

Interview d’une sportive végane et activiste 

Photo (c) Elyse Lawton
Photo (c) Elyse Lawton

Nous interrogeons Elyse Lawton, professeur de yoga et athlète professionnelle qui a adopté le style de vie végan depuis quelques mois et qui nous fait part de son expérience. 

Pourquoi et comment votre alimentation influence votre travail?
J’ai 29 ans, je suis patineuse professionnelle et professeur de yoga. Récemment, je suis tombée amoureuse du régime végan et du style de vie que cela m’a amené. J’ai trouvé que mon patinage devenait beaucoup plus agréable en raison de ma perte de poids dû au régime végan. Se sentir léger et plein d’énergie pendant que vous patinez vous donne l’impression de voler. Je suis passé d’une “vieille voiture rouillée” inefficace à une toute nouvelle voiture de sport écologique. Je pense que mon nouveau régime alimentaire et mon style de vie me donneront plus de longévité dans ma carrière de patineuse. 

Quand avez-vous choisi d’être végétalienne et comment le processus a-t-il été mis en place?
Je suis passée d’un régime traditionnel composé de la consommation de viande et de produits animaux à un régime végétarien en septembre 2017. Puis, à un strict régime végan comme une résolution de nouvel an en 2018 avec mon ami. J’ai donc eu une transition de quatre mois d’un régime occidental conventionnel à végan. Après avoir été végétarienne pendant 2 semaines, je suis devenu végan et je n’y retournerai jamais. Passer de végétarien à végétalien était instantané et je mis suis investis à 100%. Je pense que cela a rendu la transition beaucoup plus facile pour moi au lieu de ralentir et de me relâcher. Je voulais un jour précis pour devenir végan, et c’est ce que j’ai obtenu. Le 13 janvier 2018 était le jour où j’ai abandonné tous les produits animaux. 

Pourquoi avez-vous pris cette décision, avez-vous un combat politique particulier derrière la raison de style de vie?
À l’origine je suis devenue végane pour ma santé, notamment pour éviter les cancers liés à la consommation de protéines animales. Très vite après j’ai pensé aux animaux, puis à la planète. Le futur à mes yeux est d’adopter ce régime végan, car sinon, l’écosystème et notre humanité est condamnée. L’injustice ne peut pas vivre pour toujours. Je continuerai à défendre les sans-voix, les animaux, à faire du bénévolat pour les refuges et à inspirer les gens avec de la bonne nourriture végane chaque fois que je le pourrai. En tant qu’êtres humains, nous avons une voix et nous avons le choix, mais pas les animaux. 

Comment ce mode de vie t’aide et change ta vie physiquement et psychologiquement?
Physiquement je me sens plus léger, avec plus d’énergie et une plus grande perspective sur la vie. Pour une raison quelconque, je me sens aussi plus heureuse. Certaines théories démontrent que lorsque vous arrêtez la consommation de produits animaux, vous éliminez cette mauvaise énergie qui entre dans votre corps. Les animaux “destinés à la consommation” ont tellement peur de la douleur et de la souffrance avant qu’ils ne finissent dans nos assiettes. Certaines personnes croient que la viande a une mauvaise énergie et je commence à penser que cette théorie est véridique. C’est tellement gratifiant de savoir que personne n’a dû mourir pour que je prenne mes repas, et je me sens plus saine en prime.

Pourriez-vous nous présenter un de vos repas quotidiens et comment vous l’avez fait pour vous assurer de ne rien manquer en termes de nutriments?
Honnêtement, je pense rarement au côté nutritionnel des choses. Maintenant que mes repas ne sont pas composés de la viande, des produits laitiers ou des œufs, ce n’est pas un problème de s’assurer que je reçoive tout ce dont j’ai besoin au cours d’un repas. Je mange beaucoup de fruits, de légumes, de haricots, de noix et de graines. Tout ce dont vous avez besoin pour que votre corps s’épanouisse. Je prends cependant une multi-vitamine avec du B12 car il m’en manque dans ce régime. Les plantes ont des protéines, les cochons, les vaches et les poulets mangent les plantes pour obtenir leurs protéines, de sorte que nous pouvons aussi obtenir les nôtres des plantes. Mon repas végan préféré à faire est la tarte Shepard (une tarte canadienne). Il y a des lentilles, des haricots, des légumes colorés, des pommes de terre, c’est chargé de fibres, de protéines et de nutriments. En outre, c’est délicieux! 

Que recommandez-vous pour ceux qui ont peur d’essayer ce régime?
Le régime végan est très stigmatisé et je comprends qu’il soit difficile de se lancer. J’ai trouvé facile de continuer mon régime végétalien parce que j’ai fait des recherches sur le véganisme et sur la nutrition à base de plantes. 

Patinage: les couples français en or

Patinage: les couples français en or

Par Sarah Barreiros Rédigé le 24/01/2018 (dernière modification le 24/01/2018)

Le couple de danseur sur glace français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron a remporté pour la quatrième fois d’affilée la médaille d’or des championnats d’Europe qui se déroulaient à Moscou du 15 au 21 janvier 2018, à trois semaines des J.O.

Gabrielle Papadakis et Guillaume Cizeron, champions d’Europe 2018. Photo (c) Olivier Brajon, publiée avec son autorisation.

C’est sur la glace du Megamall Sport Arena de Moscou que les patineurs champions de France ont réalisé deux programmes parfaits et battu le record du monde de points qui leur appartenait. Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ont en effet remporté les championnats d’Europe avec un total de 203.16 de points en addition des points du programme imposé (81.29) et du programme libre (121.87). Il devance ainsi les couples russes Ekaterina Bobrova et Dmitri Solovie qui remporte la médaille d’argent avec 187.13 points et Alexandra Stepanova et Ivan Bukin qui obtiennent la médaille de bronze avec un total de 184.86 points. Les Français ont réalisé un sans faute depuis le début de la saison, ils ont remporté deux grands prix Internationaux ainsi que la finale de ces grands prix, qui regroupe les meilleurs patineurs de la saison dont Tessa Virtuel et Scott Moir, le couple de danseurs canadiens champion olympique 2010 et vice champion olympique 2014 qui ont remporté la médaille d’argent lors de cette finale. 

Au Canada, Gabriella et Guillaume s’entraînent avec leurs entraîneurs Romain Hagueneur et Marie-France Dubreuil. Alors tout juste arrivés dans la catégorie senior après avoir remporté les championnats du monde junior en 2014, ils gagnent leur premier championnat d’Europe et du monde en 2015. Par la suite, leur niveau technique et artistique n’a cessé de progresser et d’évoluer de telle façon qu’il deviennent les détenteurs du record du monde de points encore jamais réalisé en 2017 à la compétition internationale de la Coupe de Chine avant de la dépasser à Moscou. 

Dans la catégorie patinage couple, les Français Vanessa James et Morgan Ciprès, qui s’entraînent aux États-Unis avec John Zimmerman, ont remporté le programme court avec un contenu technique époustouflant avec un total de 75.52 de points malgré la réussite d’un quadruple salchow lancé sur le programme libre, une erreur sur le deuxième porté du programme et sur leur saut parallèle leur a valu une 4e place au combiné des deux programmes. Ces résultats se présentent très positifs pour les couples du patinage français qui s’entraînent respectivement au Canada et aux États-Unis. Depuis le début de la saison, leurs résultats sur les grands prix ISU, leur contenu de programmes, et leur nombre de points leur permettent de se placer parmi les cinq meilleurs patineurs mondiaux. C’est avec impatience que nous pourrons les retrouver dans trois semaines avec des opportunités de médailles olympiques à la clé. 

Mieux comprendre le patinage artistique

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron sur le programme imposé. Photo (c) Olivier Brajon, publiée avec son autorisation.
Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron sur le programme imposé. Photo (c) Olivier Brajon, publiée avec son autorisation.

Contrairement aux idées reçues, le patinage artistique n’est pas nommé comme tel car c’est de “l’art” mais parce que les éléments techniques réalisés sont effectués de manière esthétique, élégante, précise et avec émotion puisque le but des programmes en compétitions est de raconter une histoire où de faire passer une émotion aux juges. C’est en effet un sport alliant motricité et mental des patineurs qui sont mis à l’épreuve en même temps. Du point de vue de la préparation physique, le patinage requiert en premier lieu l’engagement de la tonicité du haut du corps (essentiellement, c’est un travail de gainage, d’abdominaux, de contrôle de la coordination entre le carré épaules et hanches qui est demandé), de puissance au niveau des jambes et d’endurance car, réaliser un programme de patinage, c’est comme effectuer un enchaînement de sprints et de retour au calme alterné sur 4 minutes et 30 secondes. En second lieu, il demande de la souplesse et de la flexibilité au niveau du dos. 

Enfin, d’un point de vue psychologique, il est demandé à un patineur de savoir faire preuve de stratégie pour assurer dans tous les cas de figure, même en plein milieu d’une performance. D’avoir une certaine connaissances sur sa proprioception (connaitre son corps et ses limite), et de savoir, tenir la pression des entrainements et des compétitions qui engendre des contraintes et de la discipline sur son style de vie et son alimentation. Ce sport regroupe quatre disciplines, le patinage artistique solo homme et femme qui comporte des sauts et pirouettes, le couple artistique qui contient les éléments précédent avec en plus des sauts lancés où le patineur homme aide sa partenaire à réaliser un saut, des portés situés au dessus de l’épaule, un saut nommé le “twist” et une spirale sur glace appelée “spirale de la mort”. Et, il y a la discipline de la danse sur glace, en couple également, avec des pirouettes et des portées qui ne doivent pas être effectués au-dessus des épaules. Cette dernière discipline est celle qui s’apparente le plus à la danse de salon. 

Le système de jugement

Durant une compétition, deux programmes sont exécutés. Le programme court appelé également programme imposé, est celui où les patineurs doivent réaliser des éléments imposés par le règlement de la fédération internationale de patinage (ISU) et un programme libre où les patineurs choisissent les éléments techniques qu’ils souhaitent placer dans leur programme, tout en respectant les normes du règlement ISU. Depuis 2015, le système de jugement ISU 6.0 a évolué en système de points calculé par un programme informatique établit. Le but du sport est donc de réaliser le plus grands nombre de points possible, et pour cela les patineurs devront choisir puis exécuter les éléments qui valent le plus de points. Un programme est évalué selon deux notes comme avec le système 6.0 mais en plus complexe car différents paramètres sont venus s’ajouter pour rendre encore plus précis les jugements. Il y a la note technique d’une part, où chaque éléments réalisés (c’est-à dire-sauts, pirouettes, portées, etc) valent un certain nombre de points en fonction de leur nature (par exemple un triple Axel vaudra plus de point qu’un double Salchow, mais un quadruple Salchow vaudra plus de points qu’un triple Axel). Chaque juge détermine pour chaque élément un niveau d’exécution (GoE pour “Grade of Execution”) allant de -3 à +3. C’est en quelque sorte des points de bonus si par exemple un saut est exécuté avec rapidité, précision, hauteur, si l’arrivée du saut est élégante et innovante. Mais, c’est aussi un point de pénalité si un déséquilibre est commis, si il y a une chute, si il y a un déséquilibre, un retournement sur le saut ou si l’arrivée n’est pas nette. De plus en ce qui concerne les pirouettes, les portés et les enchaînements de pas dans un programmes sont eux-même classés en sous catégories de niveaux allant de 1 à 4. Plus la pirouette par exemple est complexe, plus elle augmente le niveau. Il est de l’entraîneur et du patineur de choisir qu’elles sont les meilleures variations de positions sur la pirouette ou le porté à travailler pour obtenir le meilleur niveau possible. 

Et d’autre part, il y a la note artistique appelée “composants” qui juge de l’habileté de patinage, des transitions, de la qualité d’exécution, de la chorégraphie et de l’interprétation entre des notes données de 1 à 10 par les juges. L’addition des points techniques et composants donnera les points totaux du programme. À la télévision, la petite boîte encadrée que vous pouvez voir en haut à gauche de votre écran donne l’évolution du programme en terme de points et en live. Si vous voyez indiqué GoE négatif en rouge après un élément effectué vous comprendrez donc qu’il a fait une erreur, et vice versa avec un GoE en vert!